L'image qui a fait le tour du monde et fait vaciller un quinquennat
Un chef d'État. Une actrice. Un appartement à quelques centaines de mètres du palais présidentiel. Et, pour faire la liaison, un scooter, un casque intégral en guise de déguisement, et un garde du corps qui apporte les croissants au petit matin.
Voici l'histoire du scooter de Hollande, le scandale le plus improbable de la Ve République.
ACTE I — Les rumeurs
Fin 2013. Depuis des mois, des rumeurs circulent sur la vie privée du président François Hollande. On murmure qu'il rendrait visite, en secret, à une autre femme. Les services de sécurité du palais s'inquiéteraient même de ses « escapades » répétées.
À l'Élysée, sa compagne officielle est Valérie Trierweiler, journaliste à Paris Match. Le couple n'est pas marié. Et personne, officiellement, ne confirme quoi que ce soit.
ACTE II — Les sept pages de Closer
Le 10 janvier 2014, le magazine Closer publie un dossier de sept pages. Titre : « François Hollande et Julie Gayet, l'amour secret du président ». Photos à l'appui.
Et le détail qui va entrer dans l'Histoire : le président de la République traverserait Paris à scooter, casque intégral sur la tête, pour passer la nuit chez l'actrice Julie Gayet, dans un appartement situé à quelques pas de l'Élysée. Le matin, raconte le magazine, son garde du corps, le seul à l'accompagner, apporterait même les croissants.
L'image est irrésistible : le chef de la première puissance européenne, en scooter, en cachette, comme un adolescent. Elle fait instantanément le tour du monde.
ACTE III — Le « moment difficile »
Derrière le sourire que l'affaire provoque, il y a aussi un drame humain. Valérie Trierweiler, sous le choc, est hospitalisée le jour même. Elle racontera plus tard avoir eu l'impression de « tomber d'un gratte-ciel ».
Lors de sa conférence de presse annuelle, François Hollande est interrogé. Il ne nie pas. Il évoque, avec sobriété, un « moment difficile » de sa vie privée, et rappelle que « les affaires privées se traitent en privé ». Il menace de poursuivre le magazine pour atteinte à sa vie privée, sans jamais démentir l'affaire elle-même.
CONCLUSION — La sentence
Le 25 janvier 2014, deux semaines après les photos, François Hollande annonce sobrement avoir mis fin à sa vie commune avec Valérie Trierweiler. Celle-ci publiera plus tard un livre-confession au vitriol.
Sur le plan judiciaire, il n'y a guère de sanction, l'actrice poursuivra le magazine pour atteinte à la vie privée. Les Français, eux, accueillent l'affaire surtout par un haussement d'épaules amusé.
Mais au-delà de l'anecdote, l'épisode pose une vraie question, vieille comme la République : où s'arrête la vie privée d'un dirigeant, et où commence ce que les citoyens ont le droit de savoir ? Un scooter, un casque, et soudain c'est toute la dignité de la fonction présidentielle qui se retrouve en débat. Parfois, le scandale ne tient qu'à une image. Mais quelle image.