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Dans cet épisode, une pratique longtemps considérée comme sale 

Longtemps repoussé au fin fond des donjons pour les personnes en recherche de renouvellement de sensations, c’est maintenant de plus en plus jeune qu’on assume ce jeu. Des films pornos conventionnels font apparaître ce fantasme comme une pratique classique.

Là, vous vous dites, il se sent plus pisser, il “tease” à mort. Oui, on avait envie de teaser, puisque le sujet est la golden shower.
Vous ne voyez pas ? Alors cet épisode est fait pour vous ! Il est temps de toucher le point G!

Oui, ne faites pas les dégouter, on va parler de pipi et de sexe ce soir. Une association des plus improbables pour beaucoup de monde. Pourtant, ce fantasme est loin d'être une niche. Peu osent en parler à leurs partenaires pour partager ce jeu sexuel. Vous allez peut-être découvrir un monde étrange, celui de l’Ondinisme, l’autre nom de l’urophilie ou encore la douche dorée, bref, les jeux sexuels liés à l’urine.

En anglais, on parle de Watersport, de piss play ou de Golden shower. Et là, on a de tous dans le plaisir. Faire sur quelqu’un, ou recevoir, mouiller les vêtements, sentir, voire goûter l’urine. 

Si on trouve ces jeux sexuels chez les hétéros, les homos ne sont pas en reste, tout en mettant la barre un peu plus haut en incluant les pissotières masculines à leur fantasme, les fameux soupeurs…

Au-delà d’un aspect qui peut être repoussant en jeu sexuel, la question est "est-ce un jeu dangereux” ? On va tenter de parler de tout cela avec nos chroniqueurs.

Les promoteurs de ces jeux disent que l’urine est stérile et que ce n’est pas dangereux. La preuve, certains la boivent même pour ses bienfaits sur la santé. C’est vrai tout ça ? 

Alors boire son urine pour être en bonne santé, je vous le dis de suite, non, ça n’a absolument aucun intérêt. Ce n’est pas forcément dangereux quand c’est sa propre production, mais, si le corps s’en débarrasse, c’est bien qu’il n’y a rien de bon dedans. En plus c’est salé et ça peut être problématique en cas d'hypertension artérielle.

En fait, tous les jours, il y a près de 180 litres de sang qui passent dans nos reins. Ses organes vont le nettoyer en produisant environ 1,5 litre d’urine par jour.

Si vous aimez les chiffres, sachez que sur terre, les humains produisent plus de 10 milliards de litres d’urine par jour. En une vie, un homme pourrait remplir une piscine de 40 000 litres.

Dedans c’est de l’eau principalement, à 95%, avec d’autres éléments comme l’urée, la créatinine, l’acide urique, des minéraux, mais aussi des traces de produits dopants si vous faites le tour de France.

On a longtemps dit que l’urine était stérile, qu’elle ne contenait aucun microbe. Depuis 2010 on a remis cette affirmation en question en découvrant une population, certes faible, de bactéries. Mais rassurez-vous elles seraient là pour nous protéger.

En tout cas, l'idée que l’urine aurait des vertus antiseptiques, pour désinfecter une plaie par exemple, est complètement fausse.

Bref, rien dans ce liquide d’une personne en bonne santé ne semble dangereux. Au contact ou même à l’ingestion. Après, faut aimer.

Normalement, l’urine n’a pas d’odeur de base. C’est en s'oxydant au contact de l’air, en fermentant ou en présence de bactéries qu’elle va prendre cette odeur d'ammoniaque. Si ça sent dès la sortie, il y a peut être une infection urinaire, donc attention. 

Certains aliments, comme l’asperge, peuvent aussi donner une forte odeur soufrée. Mais ce n’est pas chez tout le monde. Il peut aussi y avoir une odeur ou un goût sucré en cas de diabète, et là, il faut rapidement consulter.

Ça ne nous dit toujours pas si c’est dangereux ou pas… 

En contact avec la peau, non, sauf s’il y a une plaie. Donc là, en donneur ou receveur, aucun risque d’être en contact avec la peau. Attention toutefois aux muqueuses comme les yeux, l’anus ou le vagin, ce sont des portes d’entrée au virus et aux bactéries.

L’urine d’une personne en bonne santé ne comporte pas de risque non plus en cas d’ingestion. On conseille quand même au donneur de beaucoup boire dans les heures précédentes pour avoir une urine la plus claire possible et d’éviter l’urine du matin, fortement chargée en déchets.

Mais comme vous ne connaissez généralement pas l’état de santé du donneur, lui non plus quelques fois, sachez que l’urine peut aussi véhiculer des virus comme l’hépatite B et en cas de sang ou sperme dans l’urine, le VIH.

Si vous urinez après avoir éjaculé par exemple, ou si vous êtes amateur de sondes urinaires, il y a risque.

Et bien sûr, en cas d’infection urinaire, il y a de grandes chances que vous la partagiez.

Il ne faut quand même pas être parano, il y a moins de risque d’attraper une maladie qu’avec un contact direct avec le sang ou le sperme, mais, oui, sous certaines conditions, les plans uros peuvent comporter des risques. 

Avant de revenir concrètement aux jeux sexuels uros, on vous propose de digresser un peu, car on a longtemps utilisé l’urine pour ses propriétés (avérées ou non)

Les Aztèques comme beaucoup d’autres s’en servaient pour nettoyer les plaies. On a vu que c’était inutile, de l’eau est bien plus conseillée à minima.

Au 19eme siècle, on récupérait les urines des Parisiens pour en faire un fertilisant agricole. 

On utilisait aussi l’urine pour traiter la laine. Alors pas l’haleine, mais la laine, le lin et le coton. Ça permettait de nettoyer les fibres textiles. Du côté de Reims et d’Abbeville, on faisait donc la collecte de l’urine jusqu’à l'arrivée du savon.

C’est le principe lavant de l'ammoniaque qui était ici recherché.

Pour décolorer les cheveux, on utilisait l’urine de cheval. Avec 5 à 15 litres par jour pour un cheval, on avait de quoi faire.

Revenons aux fantasmes et au plaisir. Est-ce que c’est légal ?

Il n’y a aucun texte de loi quant à l’utilisation de l’urine lors de rapport sexuel entre personnes consentantes.

C’est une pratique aussi ancienne que la sexualité, liée pour certains à une certaine transgression taboue ou une recherche d’humiliation ou de possession.

Guillaume Apollinaire il y plus de 120 ans était sans doute un adepte de ces jeux, comme en attestent ses poèmes visuels comme la colombe et le jet d’eau par exemple.

Il existe toutefois des pratiques encore plus exotiques,  si vous êtes à table, quittez-la quelques instants

Mais pour faire un peu culturel, je vais vous citer Céline dans le texte.

“Son truc, c’était les pissotières, et surtout les croûtes de pain qui trempent dans les grilles… “

Oui, le soupeur ou Croutenard, c’est son nom, mettait en effet des morceaux de pain dans les urinoirs publics afin que les hommes de passage en fassent des mouillettes, récupérées et consommées par ledit soupeur.

Vous voyez l’image ? Très répandu dans les grandes villes au siècle dernier un peu partout dans le monde, y compris en France, cette pratique à une variante. En bouchant l’urinoir, il se remplit pour qu’on puisse y plonger son sexe. On appelle ça “faire trempette”.

En 2014, la chanteuse Giedré, faisait référence à cette pratique dans sa chanson “Les croûtons".

Toutes ces pratiques, moins répandues aujourd’hui du fait de la disparition des pissotières publiques, font partie de la culture populaire du début du 20eme siècle. 

Mais il serait réducteur de résumer le fantasme uro à cette pratique somme toute marginale.

Le simple fait du contact de l’urine de son ou sa partenaire suffit quelquefois au plaisir. Des clubs libertins en font même leur spécialité. À Berlin, le Laboratory, haut lieu fétichiste de la capitale allemande, propose à ses visiteurs d’uriner sur une grille sous laquelle d’autres visiteurs prennent plaisir à recevoir cette pluie dorée.

De nombreux sexclubs, même en France, proposent des soirées uros régulièrement avec des promos sur la bière. 

On y retrouve tout un système de tuyauteries se terminant par des pommeaux de douches, histoire de jouer à douche-pipi.

Voici un scandale français autour d’un fantasme uro. 

C’est quand même une histoire qui a durée 10 ans et fait de nombreuses victimes, on peut en sourire, mais les situations sont pour le moins problématiques et traumatisantes.

Christian travaille au ministère de la Culture dans les années 2010. Il est alors responsable des ressources humaines. Il recevait des femmes en entretien d’embauches. Jusque là, tout va bien, c’est sa fonction.

Prévenant, il propose toujours à ses dames, en début d’entretien, une tasse de café ou de thé, qu’il va préparer lui-même.

Ce qu’il ne disait pas, c’est qu’il mettait dedans un médicament qui donnait très envie d’uriner, un diurétique.

La discussion continuait. Discrètement, sous la table, ce fonctionnaire consciencieux prenait en photos les jambes de ces hôtes. Mais ce n’était que l’apéritif de ses fantasmes…

La suite de l'entretien était une visite du quartier, autour du ministère de la Culture. Un parcours très étudié où ne figurait aucun café ou toilette publique.

Le médicament faisant effet, les femmes avaient immanquablement très envie d’uriner, mais alors très très envie. Pour ne pas faire dans leur vêtement, penaudes, elles demandaient à s’isoler pour se soulager. Notre Christian, toujours soucieux de rendre service, tenait son manteau pour cacher la scène. Tout en prenant soin, lui, de ne pas en perdre une goutte.

Une fois, une femme a bien tenté de se retenir, mais elle a eu un malaise, à la limite de la péritonite, et a fini à l’hôpital.

L’histoire, qui se perpétuait depuis une dizaine d'années, aurait encore pu durer si ce fonctionnaire n’avait été pris sur le fait en train de photographier les jambes de la sous-préfète de Moselle. C’était en juin 2018.

Christian a bien sûr été mis à pied et une enquête a été ouverte… C’est là qu’on a découvert dans son ordinateur un fichier qui s’appelait “expérience”.

Là, pas moins de 200 noms de personnes photographiées ou droguées au diurétique y figuraient avec plein d'informations comme le temps qu’elles mettaient avant de se soulager.

Ce haut fonctionnaire avait depuis longtemps la réputation de pervers, mais personne n’avait soupçonné son manège malgré les plaintes classées sans suite de victimes…

On le rappelle, même pour les plans uros, le consentement mutuel est la première étape. Si c’est un jeu pour certain, ce peut être traumatisant pour d’autre et vécu comme un viol d’intimité ou une humiliation pour une majorité d’autres.

Après, si tout le monde est d’accord, pourquoi pas. Même si on veut devenir président des États-Unis. Bon, là, mieux vaut être discret et ne pas faire ça dans un hôtel russe avec des prostituées.

C’est la fameuse affaire des “Goldens showers” de Trump qui, semble-t-il, se serait fait uriner dessus par des femmes. 

Finalement, on comprend mieux la décoloration de ses cheveux. 

On espère qu’on vous a peut-être appris des choses ou peut être déculpabilisé si ce fantasme vous titille.

Allez-y quand même doucement avec votre partenaire, ce peut être déstabilisant dans un couple. L’image de ce fantasme peut rester dans la tête de l’autre et perturber le regard qu’il a sur vous. Faites-lui écouter ce podcast et tâter le terrain est une première approche…

En tout cas, ne tentez rien sans son consentement explicite, ce serait contre-productif, et, on l'a vu, possiblement traumatisant.

Si vous désirez participer à cette émission en donnant votre avis ou en témoignant, même anonymement, c’est simple, écrivez-nous sur la page contact du site radio-g.fr en sélectionnant l’émission “le Point G!”, ou en privé sur nos réseaux sociaux.

Merci à nos chroniqueurs et témoins du jour.

Que le plaisir soit avec vous, à bientôt sur le point G


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