Le Jingle de Noemie - La forêt noire (La déprime)

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Ah mes amis, je reviens d'un séjour incroyable ! Ah mais quelle quinzaine ! Quelle aventure ! Quelle exploration fascinante !

-  Ça avait l'air super, tu es allée où ?

Mais tu y es sûrement allé toi-même ! Peut-être y es-tu encore ?

- Euh... je ne sais pas... peut-être... je ne vois pas de quoi tu veux parler.

Mais du monde de la déprime bien sûr !!! Quel monde extraordinaire que le monde de la déprime !

- Euh pas vraiment non !

Mais si ! Ha la déprime... Cette sensation de n'avoir PAS sa place dans le monde. Cette impression que tout le monde s'en sort, sauf MOI ! "Pour moi moi moi rien ne va, moi moi moi je n'y arrive pas, moi moi moi." La déprime, c'est un jeu avec sa propre grandeur ! La taille de la déprime est proportionnelle à celle de son ego et tout prend des proportions démesurées, c’est la distorsion et l’exagération dans toute sa splendeur ! J’adore !

- On peut jouer à qui a la plus grande alors ?

Non ! Car dans le monde de la déprime, il n’y a que moi qui compte ! Je ne pense qu'à moi, qu'à mon malheur, que dis-je mes malheurs, j'en ai soudain tant et tant ! Haaa, richesse, opulence, abondance de chagrin, de larmes, de douleur, de souffrance ! Je suis comblée du sentiment de vide et d'insignifiance. C'est ça la puissance du désespoir. La puissance d'une symphonie en GRRR majeur !

- Grrrr ? Comme dans « grrrr… sexy…. » ?

Non ! Dans le monde de la déprime le grrr n’est pas sexy ! Dans le monde de la déprime, quand on ne pleure pas ou qu'on ne reste pas complètement mutique à fixer le vide, et bien on grogne ! Mais n'est-ce pas une fascinante manière de s'exprimer ? Mrrgrrr... La déprime, c'est comme un jeu avec le silence ! Oh oui ce silence que l'on s'évertue à remplir de pensées négatives, de souvenirs tristes et de dramatiques inquiétudes. Mais où va-t-on chercher tout ça ? Que de ressources en soi ! Que d'énergie consacrée au culte du mal-être ! C'est vertigineux !

- Bah c'est pas très sain quand même !

Mais pourquoi me parles-tu de mes seins ? Tu ne penses qu'à ça ma parole ! Moi aussi j’y pense ! Mais jamais en même temps que les autres hélas ! Ah ce sentiment de profond décalage, d'isolement inéluctable, de solitude éternelle... La déprime, c'est comme vivre sur une île déserte. Et autour de cette île, des requins rôdent pour dissuader de s’en aller et pour empêcher quiconque de venir. Et sur leur aileron est tatoué "tu ne me comprends pas" et "je ne suis pas comme toi".

- Ah là je suis d’accord, moi non plus je ne suis pas comme toi.

Haha, tu penses donc comme moi ! Et oui, la déprime, c'est croire qu'on est comme personne quand on est précisément comme tout le monde, c'est complètement délirant !

- Mais alors qu'est-ce que tu as fait pendant ces 15 jours ?

Et bien, je peux dire que j'ai goûté à ma propre forêt noire au sens figuré, et au sens propre.

- Oh, tu es très souple !

Je parle du gâteau voyons ! Die Schwarzwälder Kirschtorte. C’est ma langue qui est souple. La forêt noire. Du nom de la région en Allemagne. Avec du chocolat, de la chantilly et des cerises. Du chocolat noir comme mes pensées, de la chantilly blanche comme ma mine désenchantée et des cerises rouges comme la honte de ce que je suis.

- Un gâteau de circonstance en somme !

J'ai fait cette recette pour la première fois de ma vie. Et c'était en effet en parfait accord avec ma déprime du moment parce que c'était complètement raté ! Alors que la recette stipulait que c'était beaucoup plus simple que ça en avait l'air. Et bien pas du tout. J'ai frôlé la déchirure musculaire en mélangeant les ingrédients. Mon moule à gâteau était trop grand et la génoise avait une tête de crêpe. J'en ai mis partout sur mon plan de travail au moment du montage du gâteau et le résultat était complètement pourri. Génoise trop cuite. Chantilly mollassonne. Cerises fades. Sans parler de la présentation catastrophique. Ha, je suis une incapable, une incompétente, une ratée. Que vais-je devenir ?

- Bah c'est pas si grave !

Si c'est grave ! Ha je désespère. Un profond tourment s'est emparé de moi et dans un élan j'ai saisi un couteau.

- Quoi ?

J'ai saisi un couteau et j'ai tranché dans le vif !

- Non !

Si ! J'ai planté la lame dans la chair de la génoise imbibée de sirop, j'ai enfoncé le couteau dans la plaie de cette forêt noire dégénérée !

- Ha j'ai eu peur...

Et, mes amis, c'était une sensation si agréable ! J'ai coupé une part de ce gâteau imparfait qui était plein de moelleux, de douceur, de tendresse. J'ai goûté une bouchée. Et bien c’était pas si mal ! Je n'ai même pas fait mmgrrr, j'ai fait hmmm, mes yeux se sont remis à pétiller et j'ai souri !

- Bah voilà, tout va bien finalement !

Haaa oui... merci au monde de la déprime pour ce séjour intense. Je n'y suis plus pour le moment. Mais la prochaine fois que j'y serai car il est fort probable que j'y retourne un jour, et bien je referai une forêt noire. Car je ne désespère pas, oh vous avez entendu "je ne désespère pas !", rho ! Je disais donc je ne désespère pas, je dirais même que j'ai bon espoir de réussir la forêt noire !

(Texte : Noémie Brodier)


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