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Thème : gamelan de cour de Java, dans son style le plus doux. Sans voix. But : ralentir le temps, décompresser après une journée.
Le gamelan est organisé en cycles qui se répètent, ponctués par un grand gong : c’est par nature une musique en boucle.

Le pavillon des gongs
Musique pour ralentir le temps

En 1889, à l’Exposition universelle de Paris, un jeune compositeur s’est arrêté devant un pavillon javanais et n’en est plus reparti pendant des jours. Il s’appelait Claude Debussy. Ce qu’il découvrait, le gamelan, ne ressemblait à rien de connu en Europe : une musique sans début ni fin, construite en cercles qui se referment sur eux-mêmes. Sa propre musique en a été transformée.

Le gamelan est un orchestre de bronzes, de bois et de cordes. Dans les palais de Yogyakarta et de Surakarta, on en joue sous un pendopo, un grand pavillon ouvert sur les côtés. Le style que vous entendez ici, le klenengan, est le plus intime : on le joue pour écouter, et non pour accompagner la danse. Le gender, à gauche, a des lames de bronze suspendues au-dessus de tubes de bambou. À droite, le gambang, un xylophone de bois, lui répond. Au-dessus, le rebab, une vieille à deux cordes, déroule la mélodie.

Le reste du cercle donne sa forme au temps. Les petits gongs posés, les kenong, découpent le cycle à droite. Le kempul, suspendu, sonne à gauche. Et tout au fond, derrière vous, le grand gong ageng ferme chaque cycle d’un seul coup grave. À Java, on le considère comme l’âme de l’orchestre, et on lui fait parfois des offrandes avant de jouer. En 2021, l’UNESCO a inscrit le gamelan au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Sous la pluie tropicale, deux sons purs : 198 Hz à gauche, 205,5 Hz à droite. Leur écart de 7,5 Hz place le cerveau dans le haut des ondes thêta, là où la perception du temps se relâche. Le 396 Hz, associé dans la tradition du solfège sacré à la libération des tensions, vibre une octave au-dessus.

Le soir, en rentrant, enlevez vos chaussures et mettez le casque avant de faire quoi que ce soit d’autre. Comptez les grands gongs. Au troisième, la journée sera derrière vous.

  • BIN L : 198 Hz
  • BIN R : 205,5 Hz (écart de 7,5 Hz, thêta haut : la sensation que le temps s’étire)
  • Solfège (DRONE) : 396 Hz, soit l’octave de 198 Hz