Thème : musique de chambre Renaissance, viole de gambe. But : lâcher-prise, rêverie.
La berceuse sous la pluie
Musique pour lâcher prise et rêver
Il pleut. Quelque part dans la maison, quelqu’un fredonne une berceuse, bouche fermée, pour un enfant qu’on n’entend pas. Vous n’êtes pas dans la pièce, la voix vous parvient de loin, par intermittence. Cette musique repose sur ce souvenir que beaucoup d’entre nous portent sans le savoir.
Une étude de Harvard publiée en 2018 a fait écouter des chants de dizaines de sociétés du monde entier à des milliers de personnes. Même sans comprendre la langue, les auditeurs reconnaissaient les berceuses. Leur forme, lente, simple et répétitive, parle directement au corps. Ici, nous en avons retiré les mots pour ne garder que le fredonnement, placé dans votre oreille droite, entre de longs silences.
À gauche joue la viole de gambe. Son nom vient de l’italien gamba, la jambe, car on la tient entre les genoux. Elle régnait sur les salons d’Europe aux XVIe et XVIIe siècles, puis le violoncelle, plus puissant, l’a fait presque disparaître. Son archet tenu par en dessous produit un son voilé, proche de la voix humaine, que Marin Marais a porté à son sommet à la cour de Louis XIV. Le film Tous les matins du monde l’a fait redécouvrir au grand public en 1991.
La pluie tombe différemment dans chaque oreille, et c’est normal : dehors, aucune goutte ne frappe au même endroit. Sous la musique, deux sons purs : 142,5 Hz à gauche, 147,5 Hz à droite. Leur écart de 5 Hz correspond aux ondes thêta, celles de la rêverie, ce moment où l’esprit vagabonde sans but. Le 285 Hz, traditionnellement associé dans le solfège sacré à la sensation de régénération, vibre une octave au-dessus.
Allongez-vous, casque sur les oreilles, et écoutez la pluie avant la musique. Quand la voix revient, ne cherchez pas à la suivre. Laissez-la simplement passer.
- BIN L : 142,5 Hz
- BIN R : 147,5 Hz (écart de 5 Hz, thêta : la rêverie éveillée)
- Solfège (DRONE) : 285 Hz, soit l’octave de 142,5 Hz.