Radio G!
vous allez écouter un podcast Radio G! : Scandale 3 : Le Beau Sacha
Scandale
Scandale 3 : Le Beau Sacha
Radio G!
vous avez écouté un podcast Radio G! : Scandale 3 : Le Beau Sacha
Radio G! Bande Annonce
Gnerik
Scandale
Scandale : La Bague de Daniel
Scandale
Scandale : La Suite 2806
Scandale
Scandale 1 : Les Diamants de l'Empereur
Scandale
Scandale 2 : Le Sang et le Silence
Radio G!
vous allez écouter un podcast Radio G! : Scandale 4 : Le Héraut et le Mensonge
Scandale
Scandale 4 : Le Héraut et le Mensonge
Radio G!
vous avez écouté un podcast Radio G! : Scandale 4 : Le Héraut et le Mensonge
Radio G! Bande Annonce
Ca dégouline dans le cornet
Scandale
Scandale 5 : Le Tour Empoisonné
Scandale
Scandale 6 : Le Pétrole et les Rois
Scandale
Scandale 7 : L'Escroc
Scandale
Scandale 8 : La pneumologue et le Géant
Scandale
Scandale 9 : Le Logiciel Menteur
Scandale
Scandale 10 : La Chute du Roi
Scandale
Scandale 11 : L'Extraterrestre
Scandale
Scandale 12 : la fausse ITW
Scandale
Scandale 13 : L'Emploi Fantôme
Scandale
Scandale 14 : Le Photographe
Scandale
Scandale 15 : 11 Millions de Fichiers
Scandale
Scandale 16 : La mine d'or invisible
Scandale
Scandale 17 : La goutte de sang
Scandale
Scandale 18 : Le Trader
0:00 0:00
Scandale 3 : Le Beau Sacha
Scandale
Playlist ▼

L'escroc dont la mort a failli renverser la République

Un escroc de génie. Des millions envolés. Un cadavre dans un chalet enneigé. Et trois semaines plus tard, des émeutes sanglantes en plein cœur de Paris, qui manquent de faire tomber la République.

Voici l'affaire Stavisky. 1934.

ACTE I — L'homme aux relations

On l'appelle « le beau Sacha ». Alexandre Stavisky est un escroc élégant, charmeur, né en Ukraine, arrivé en France pour conquérir Paris. Et il y parvient — à sa façon.

Son génie, c'est le réseau. Stavisky a ses entrées partout : dans la presse, dans la police, et surtout dans la politique. Des députés, des notables, des hommes influents gravitent autour de lui. Cette toile de complicités lui permet de monter des escroqueries de grande envergure pendant des années, sans jamais être vraiment inquiété.

ACTE II — Les faux bons de Bayonne

Son chef-d'œuvre : le Crédit municipal de Bayonne.

Le 23 décembre 1933, le directeur de cet établissement est arrêté pour avoir mis en circulation de faux bons au porteur — pour un montant vertigineux : 261 millions de francs.

Mais l'enquête révèle vite que le directeur n'est qu'un exécutant. Le véritable cerveau, c'est Stavisky. Un montage de type pyramide de Ponzi qui lui a permis de détourner plus de 200 millions de francs, sous la surveillance complice d'élus locaux.

Le « beau Sacha » est désormais l'homme le plus recherché de France.

ACTE III — Le chalet de Chamonix

8 janvier 1934. On retrouve Alexandre Stavisky agonisant dans un chalet de Chamonix. Une balle dans la tête. Transporté à l'hôpital dans un état désespéré, il meurt le lendemain, le 9 janvier.

La version officielle : suicide. Il se serait tiré une balle pour échapper à la justice.

Mais presque personne n'y croit. L'opinion publique flaire autre chose : et si on avait fait taire Stavisky pour l'empêcher de dénoncer ses complices haut placés ? Un escroc qui connaissait tant de secrets, retrouvé mort juste avant de pouvoir parler... La thèse de l'assassinat commandité s'installe et ne quittera plus l'affaire.

ACTE IV — Le 6 février

Et c'est là que le scandale financier devient une crise d'État.

La IIIe République est déjà fragile, usée, soupçonnée de corruption. La mort de Stavisky met le feu aux poudres. L'extrême droite, l'Action française en tête, s'empare de l'affaire — d'autant que Stavisky était juif, ce qui déchaîne une vague de propagande antisémite et xénophobe. Le slogan : « À bas les voleurs ! »

Le gouvernement tombe le 27 janvier. Puis, le 6 février 1934, des milliers de manifestants des ligues convergent vers la place de la Concorde, déterminés à marcher sur la Chambre des députés.

La répression est brutale. Le bilan de la nuit est lourd et toujours discuté selon les sources : une quinzaine de morts et plus d'un millier de blessés. La République vacille pour de bon.

CONCLUSION — Le procès et l'ironie de l'Histoire

Le procès s'ouvre en novembre 1935 : 250 témoins, une cinquantaine d'avocats, une vingtaine d'inculpés — dont des députés et la veuve de l'escroc.

Mais l'homme au centre de tout, lui, est mort. On ne jugera jamais le beau Sacha.

L'ironie de l'Histoire, c'est ce qui suit. Face à la menace que les émeutes du 6 février ont révélée, les gauches se rassemblent. De cette peur naîtra le Front populaire, victorieux en 1936.

Un escroc mort dans la neige aura, sans le vouloir, redessiné le paysage politique de la France.

Scandale 3 : Le Beau Sacha